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Vaincre les maladies rares

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Un chromosome X

26/01/2010

Succès de la thérapie génique dans l’adrénoleucodystrophie liée à l’X

Docteur Marie-Line Barbet

L’adrénoleucodystrophie liée à l’X est une maladie très rare (30 à 35 cas par an en France), liée à une mutation sur un gène du chromosome X. Elle se transmet chez certains garçons de femmes porteuses de cette mutation, qui elles sont indemnes des signes de l’affection.

La mutation est responsable d’une accumulation des acides gras à très longue chaîne (multiplication par 3 à 5 des taux normaux), lesquels sont particulièrement toxiques pour la glande surrénale et pour la myéline, un élément essentiel du fonctionnement du système nerveux.
En général, la maladie débute chez des garçons de 5 à 12 ans par des troubles cognitifs (troubles de la mémoire, de la parole, difficultés d’apprentissage…) associés à une diminution progressive de l’acuité visuelle et auditive puis une ataxie cérébelleuse (perte de la coordination des mouvements) et finalement une paralysie. La mort survient en 2 à 5 ans. Rarement, la maladie peut commencer à l’âge adulte.

L’adrénoleucodystrophie liée à l’X a été très médiatisée dans les années 90 avec la réalisation d’un film sur l’histoire d’un enfant, Lorenzo, dont les parents avaient mis au point eux-mêmes un traitement basé sur un régime pauvre en acides gras à très longue chaîne. On sait aujourd’hui que ce régime a peu d’effet.
En fait la seule prise en charge efficace, proposée dès le début des années quatre-vingt par l’équipe du professeur Aubourg à Saint Vincent de Paul (Paris) repose sur la greffe de cellules hématopoïétiques provenant de la moelle ou du sang du cordon ombilical qui aboutit à une survie à 5 ans dans 92 pour 100 des cas lorsque ce traitement intervient à un stade précoce.

Aujourd’hui, la même équipe rapporte une avancée majeure dans l’adrénoleucodystrophie liée à l’X. Elle pourrait résoudre le problème des patients qui ne disposent pas d’un donneur de moelle compatible dans leur entourage. Il s’agit de la thérapie génique qui consiste à introduire dans certaines des cellules du malade (cellules CD 34) le gène qui manque dans la maladie. Une fois le gène transmis à ces cellules, celles-ci sont réinjectées au patient. Deux enfants de 7 et 7 ans et demi ont été traités par cette méthode alors qu’ils n’avaient encore peu de troubles (leur Q.I. était normal) mais présentaient déjà une insuffisance surrénale et des signes de démyélinisation cérébrale à un examen d’imagerie par résonance magnétique (I.R.M.). Leur taux d’acide gras à très longue chaîne a décru de 40 pour 100 après la thérapie génique. Deux ans à deux ans et demi après l’intervention, ces enfants ont conservé intact leurs capacités intellectuelles et les lésions visibles sur l’I.R.M. ont régressé. Il n’y a pas eu d’effets secondaires. Ces premiers succès ont incité l’équipe à poursuivre ses travaux chez un plus grand nombre de patients.

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